Je ne sais que penser du dernier & fameux calendrier Pirelli... Avant toute chose, vous pouvez le découvrir sur le site du Pirellical
D'un côté, le thème cette année : un hymne à l'Afrique, à l'ethnique, au sauvage, au tribal, à la nature et aux éléphants peut-être, à la Terre mère éventuellement. Le tout avec des images évidemment sublimes de naïades dénudées pataugeant au milieu des bêtes, filmées au Botswana. The Cal, c'est cette année des citations et des remarques du photographe sur l'environnement, les changements climatiques et le réchauffement de la planète, la surpopulation du globe et l'épuisement des ressources naturelles. Et puis, pour réduire la nuisance écologique, le Calendrier sera imprimé sur du papier poreux naturel et sans plomb.
Oui mais...
Oui mais comment oublier que Pirelli, c'est une marque de pneus qui gagne de l'argent si on roule plus, qu'on use plus nos pneus, en clair qu'on pollue plus ? On est alors tenté, voire très tenté, de considérer que tout cela n'est qu'un coup de greenwashing de plus...
Oui mais... (bis)
Oui mais Pirelli a signé le Global Compact, fait partie des indices FTSE4Good et Dow Jones Sustainability Indexes, est membre du GRI, etc... (source : website Pirelli). Peut-on donc considérer que l'entreprise est suffisamment active dans le domaine du développement durable pour jouer sur ce registre ?
Oui mais... (ter & final)
Oui mais tous ces animaux sur les photos sont bien sûr apprivoisés, ils n'ont plus rien de sauvage. Car de mes 2 semaines de volontariat dans une réserve en Afrique du Sud je retiens ceci : on ne va pas se pendre aux défenses d'un éléphant d'Afrique sauvage, loin de là... The Cal ne dénature-t-il pas justement ses propos en montrant une relation faussée entre l'homme et la nature ? Ne présente-t-il pas ici encore une relation de domination de l'homme sur son environnement, au lieu de promouvoir un équilibre retrouvé, le besoin de respecter la Terre, de reconnaître que justement on ne peut pas tout dominer, tout contrôler, et que l'homme doit accepter de laisser de la place aux autres habitants de cette planète, à commencer par les grands animaux en voie d'extinction (gorille, orang-outan, éléphants,...) dont nous détruisons l'habitat année après année ?
Alors, ode à l'environnement ou peinture verte ? Qu'en pensez-vous ?
Thomas
Pour aller plus loin
- Article sur Yahoo
- Le site de Pirelli
Note : les gains éventuels liés aux annonces google seront reversés intégralement à des organisations de protection de la nature et de lutte contre le réchauffement climatique
lundi 24 novembre 2008
Que faut-il penser du Calendrier Pirelli 2009 ?
lundi 17 novembre 2008
Résultats de l'enquête sur les produits de la mer durable : forte participation !
Vous avez été exactement 410 à compléter l'enquête sur les produits de la mer durables, menée par Internet du 23 octobre au 5 novembre. Ce chiffre est en lui-même un premier enseignement : c'est un sujet qui vous intéresse. Voici donc les enseignements que l'on peut tirer :
Qui a répondu à l'enquête ?
410 réponses, c'est un échantillon statistiquement significatif. Ont ainsi participé 51% d'hommes (et donc 49% de femmes), soit un échantillon bien équilibré. Cible plutôt jeune également : 69% d'entre vous ont moins de 39 ans, avec un poids important des 25-34 ans (52%). Vous êtes également 52% à avoir des enfants. Enfin, le mode de diffusion a fait que l'enquête s'est adressée principalement à une cible plutôt CSP+ (cadres, professions libérales,...) et pour beaucoup située en région parisienne.
Il est intéressant de noter que cette cible correspond à une population a priori déjà surconsommatrice de produits bio, selon le "Baromètre de consommation et de perception des produits biologiques en France", publié chaque année par l'Agence Bio.
Quelle connaissance des enjeux du développement durable ?
L'échantillon est assez sensibilisé aux enjeux du développement durable : 43% des répondants déclarent avoir une connaissance du sujet "experte" ou "avancée", et même près d'1 homme sur 2 (48%), contre un peu plus d'1 femme sur 3 (38%). Parmi ces enjeux, ce sont les ressources naturelles, les effets de l'environnement sur la santé et le changement climatique qui sont jugés comme les plus importants.
Quelle place pour les achats "responsables" des produits de la mer ?
Alors que plus de la majorité des répondants réalise une part significatif de ses achats en produits durables (53%), cela ne concerne qu'environ 1 personne sur 4 pour les produits de la mer (26%). Le marché des produits de la mer reste donc en marge de l'essor important du marché du bio que l'on constate depuis quelques années...
Quelles sont les raisons de consommer durable ?
Les 2 principales raisons invoquées sont le respect de la planète (43%) et la santé (38%).
Les femmes sont un peu plus nombreuses que les hommes à faire ce choix parce que c'est meilleur pour la santé (42% contre 34%).
Quant à l'influence des enfants, elle est claire : on consomme durable pour la santé quand on a des enfants ( 48% contre 27% quand on n'a pas d'enfants) ; on consomme durable pour la planète quand on n'a pas d'enfants (50% contre 35% avec enfants).
Pourquoi on n'achète pas plus de produits labélisés ?
3 raisons principales à cela : 1/ l'offre trop limitée en magasin, ou l'absence de magasins bio près de chez eux ; 2/ le prix élevé des produits bio ; 3/ la multiplication des labels, source de confusion.
A noter également de nombreux commentaires pour déclarer une méfiance des labels, soit parce qu'on "ne croit pas que le produit avec label soit vraiment bio", soit parce qu'on considère que "les produits labelisés ne prennent pas en compte tous les enjeux". Dans ce dernier cas, on demande de la cohérence : on cite à titre d'exemple le cas de fruits bio d'origine lointaine avec emballage plastique, jugés pas forcément plus "durables" que des fruits non bio achetés en vrac, par exemple au marché, d'origine locale, "en faisant confiance à son maraîcher."
Qui connaît le label MSC pour la pêche durable ?
Seulement 6% des répondants déclarent connaître le label MSC (Marine Stewartship Council). C'est très peu. Le label MSC, qui est pourtant en train de devenir le label de référence au niveau mondial, reste encore confidentiel en France. Il est surtout connu d'experts du développement durable (87% de ceux connaissant le label déclarent une connaissance experte ou avancée) qui ont des enfants (78%). Comme attendu, ce sont des personnes qui achètent plus de produits durables que la moyenne et prêts à payer significativement plus que la moyenne.
En conclusion
Force est de constater que le chemin est encore long. Si la consommation responsable de certaines catégories jouit d'une bonne dynamique (fruits et légumes, café), les produits de la mer sont en retard de plusieurs années. Ces résultats semblent cohérents avec le niveau très limité de l'offre disponible actuellement dans les grandes surfaces, étals des marchés et des poissonneries : quelques produits labellisés MSC, un label encore majoritairement inconnu, ou bio (gambas, saumon fumé).
Au-delà, il semble que la notion même de "produit de la mer durable" soit génératrice de confusions dans l'esprit de beaucoup. Plusieurs commentaires qui m'ont été envoyés laissent penser que "les gens considèrent un poisson frais sur un étal comme naturellement durable et bon pour la santé". A cela, on peut avancer plusieurs explications, par exemple :
- Les sources de pollution passent inaperçues (PCB, métaux lourds, élevages intensifs), alors que le sujet des pesticides et des produits chimiques utilisés dans l'agriculture intensive sont très médiatisés
- Le problème de la surpêche est encore méconnu et mal appréhendé : la mer est invisible, on lui attribue encore des qualités de "d'abondance inépuisable".
Pour aller plus loin
- Le site de l'Agence Bio
- Le lien vers le Baromètre annuel de l'Agence Bio
- Un excellent article de Lester Brown : EXPANDING MARINE PROTECTED AREAS TO RESTORE FISHERIES
- Le site du Marine Stewartship Council
- Le site du WWF Marine Conservation et du WWF Marine Program
- Greenpeace Oceans
- Enfin, 2 livres référence sur le sujet : "Une mer sans poissons" de Philippe Cury (lien dans la rubrique "Lu et approuvé" à votre droite) ; "Surpêche : l'océan en voie d'épuisement" de Charles Clover)
Je serai ravi de pouvoir échanger avec vous sur les différents enseignements de cette enquête. Qu'en pensez-vous ?
Thomas
mercredi 5 novembre 2008
Cinéma et colibris : "Nos enfants nous accuseront"

Sortie ce mercredi du film de Jean-Paul Jaud "Nos enfants nous accuseront". Ce documentaire plonge dans l'univers de l'agriculture et des agriculteurs et livre une charge contre le système productiviste à base d'intrants chimiques et de pesticides.
A l'heure où la loi Grenelle entérine l'objectif français EcoPhyto 2018 de réduction de 50% des pesticides utilisées, tout en voulant promouvoir l'agriculture biologique en faisant passer la surface cultivée à 10% (contre 2% aujourd'hui), ce film sera-t-il le "Ma vérité sur la planète" de l'agriculture ???
Pour aller plus loin
- le site du film : ici
- les séances près de chez vous sur Allocine
- la bande-annonce
- Le site de Colibris, récemment lancé par Nicolas Hulot et Pierre Rabhi
- Le blog de Pierre Rabhi : ici
- Et le site de Terre et Humanisme
- Intelligence verte
- Le site des paniers bio que je commande personnellement chaque semaine : le Campanier ; il en existe beaucoup d'autres que vous trouverez facilement sur Google
- Enfin, un dernier p'tit lien pour agir chacun à son échelle, pour les chanceux qui ont un jardin : Jardin Eco, ou comment jardiner bio
Pour terminer, puisque nous parlons du film "Nos enfants nous accuseront", j'étais en train de télécharger une photo de mon fils Maxime, grand bébé qui va déjà sur ses 1 mois. Et je me demandais finalement ce que le titre de ce film signifie réellement. "...nous accuseront...", de quoi m'accuserait Maxime exactement, comment, quand ? Qu'est-ce qui pourrait faire qu'il en arrive là ? M'accuserait-il simplement d'un système dont je ne suis pas responsable ?
Et puis je me suis souvenu de ma journée aux Entretiens de Millançay (cf post sur le sujet)... S'il a un cancer à 30 ans parce que nous lui avons fait manger des fruits et légumes pleins de pesticides et des oeufs de batterie aux hormones, parce que j'ai utilisé mon téléphone portable trop près de lui, parce que je n'ai pas choisi un téléphone émettant les ondes les plus faibles (la mesure DAS), parce que j'aurais laissé installer une antenne de téléphonie mobile près de son école, que je ne me suis pas battu pour avoir une cantine bio à l'école... Dans ce cas je serai bien sûr responsable : je ne contrôle pas le système, mais je contrôle ce que j'en fais.

A chacun de faire sa part pour soi et pour ses enfants, comme les petits colibris de Nicolas Hulot et Pierre Rabhi (à ce sujet, cf le livre de Séverine Millet : La Stratégie du Colibri, dans la rubrique Lu et approuvé dans la barre verticale)
A bientôt et bon film les colibris
Thomas
lundi 27 octobre 2008
La Lettre n°2 de Nature Humaine est en ligne !
Bonjour,
Je vous invite à découvrir la Lettre n°2 de Nature Humaine, à laquelle je contribue modestement. Elle explore et analyse les freins à l'action (Partie 1) qui nous empêchent de modifier nos comportements. Elle est accessible en ligne sur le site de l'association : ici
Au programme :
- Pourquoi l'information ne suffit pas pour passer à l'action ?
- Un focus très riche sur la question des représentations sociales comme frein puissant à l'action.
- Un beau témoignage d'anthropologue sur la culture Aborigène d'Australie et leur lien "familial" avec la nature.
Bonne lecture à tous
Thomas
jeudi 23 octobre 2008
Enquête produits de la mer durables
Bonjour à tous,
Je fais une petite enquête via Internet sur la consommation des produits de la mer durables. Si vous avez 5 minutes pour y participer, n'hésitez pas ! 1 gagnant sera désigné par tirage au sort et recevra un panier de la mer "durable".
Le lien vers l'enquête est ici
A bientôt
Thomas
Lettre à Nicolas Sarkozy : Le biomimétisme financier est-il possible ?
Monsieur le Président,
Michel Rocard saluait hier dans les colonnes du journal Le Monde "l'inventivité inhabituelle de l'Union Européenne" dans la mise en place de son plan de soutien au secteur bancaire, ainsi que le talent de son Président en exercice, c'est-à-dire vous-même. M. Rocard soulignait également l'instabilité du capitalisme et des marchés financiers. Je crois qu'après les années de démesure financière que nous avons connues depuis 20 ans, il y a un mot qui devrait être l'objet de toutes les attentions lors des prochaines conférences mondiales du G20 que vous avez voulues, et dont la première se déroulera le 15 novembre. Ce mot est : "EQUILIBRE".
Je ne crois pas à la "fin du capitalisme" comme on peut le lire ici ou là depuis l'aggravation de la crise financière et sa diffusion à l'économie réelle. Je crois en revanche que le moment est venu, non pas de rebâtir le système financier mondial, mais de repenser le monde dans lequel nous souhaitons vivre. Pour reprendre les termes de Patrick Viveret que vous connaissez bien, nous vivons actuellement une triple crise : crise financière, crise écologique, crise de société. Il sera difficile de repenser l'un sans l'autre, et les sommets mondiaux que vous organisez sont l'occasion unique de réfléchir conjointement et de résoudre les trois crises sur le long-terme.
Pour guider votre réflexion, je propose de regarder du côté du biomimétisme, qui s'inspire de notre Mère à tous : la Terre. Tout autour de nous, les écosystèmes naturels démontrent depuis des millions d'années ce que "équilibre" signifie concrètement : à titre d'exemple, deux mécanismes clés sont les boucles de rétroaction et la circularité. Le premier mécanisme régule par exemple les populations de prédateurs et de proies, le deuxième stipule que les déchets de l'un sont les matières premières de l'autre. Des scientifiques s'attachent depuis plusieurs années à analyser et à comprendre ces équilibres pour les appliquer au fonctionnement de notre société. Deux d'entre eux, la pionnière américaine Janine Benyus (Biomimicry Institute), et Gauthier Chapelle (Biomim Greenloop), fondateur du mouvement en Europe, pourraient par exemple vous accompagner à ces sommets mondiaux. Ils pourraient vous aider à développer des réponses, notamment à la question suivante : "quels mécanismes biomimétiques pour le nouveau système financier mondial ?"
Face à la crise, il faut aller vite. Pour rebâtir le monde, il faudra du temps. Je suis certain que c'est ce double projet qui vous anime, et que vous saurez concilier les deux exigences.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, à l'expression de mes sentiments respectueux.
Thomas Canetti
Sauver la mer
Bonsoir
Pardonnez le calme de ce blog depuis 2 semaines, tout s'est enchainé, et notamment la naissance de mon fils que nous avons accueilli le 12 octobre !
Pour reprendre un peu d'activité sur un thème qui m'est cher, j'aimerais partager avec vous cet article paru dans le magazine Nouvelles Clés, dans lequel Patrice van Eersel et Marc de Smedt abordent le sujet ô combien crucial de la biodiversité marine...
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Qu’est-ce qui pourra sauver la mer ?
Paris, le 01/09/08
Mon cher cousin des champs,
De retour de Bosnie-Herzégovine, j’aurais mille choses troublantes et émouvantes à te raconter. Mais ce sera pour la prochaine fois, je voudrais aujourd’hui te parler d’une catastrophe plus générale - et avoir ton avis à ce sujet : le désert marin, ou plutôt sous-marin. Comme tout bon rat (je suppose que ça t’arrive aussi), j’aime plonger sous l’eau - moyen fabuleux pour échapper aux chats, qui aiment le poisson mais, par un extraordinaire coup du sort, détestent se mouiller. Eh bien, que les chats se rassurent : ils ne perdent plus rien à ne pas oser plonger, car sous l’eau, il n’y a plus personne à manger ! Cela faisait quelques années, en fait, que je n’avais plus sorti mon masque et mon tuba. J’ai été estomaqué. Aussi loin que j’aie pu nager, au large de Neum (la seule minuscule ville bosniaque sur la mer) et ensuite autour des îles de Croatie, il n’y avait pas un seul poisson dans l’eau - ou alors si petits qu’il aurait fallu une loupe pour vraiment les distinguer.
Je sais bien que je ne t’apprends rien. La mer se dépeuple, nous la pillons tels des prédateurs préhistoriques, plus personne ne l’ignore. Mais comme toujours, l’information ne nous atteint jamais autant que quand nous la prenons en pleine poire in situ ! (c’est pourquoi sans doute, à l’inverse, l’humanité reste froide et laisse faire tant d’horreurs auxquelles elle assiste en direct, mais par médias interposés). Oui, tu sais ça par cœur, toi qui habites tout près : la Méditerranée se transforme sous nos yeux en mer morte. Elle ne fut certes jamais aussi empoissonnée que l’océan, mais je me souviens, encore raton, dans les années 50, m’être émerveillé de l’aquarium fabuleusement vivant dans lequel mon père m’invitait parfois à plonger, à tel ou tel point de la côte entre Gibraltar et Ventimille ! Tout ça est mort à 90%. Pas encore à 100%, c’est vrai. J’avoue d’ailleurs ma stupéfaction de trouver encore, sur toute la côte dalmate - et même à Sarajevo - des poissonneries fort bien achalandées (et pas que de truites, qui sont là-bas succulentes). Les pêcheurs font des prouesses pour nous approvisionner. Ils pilleront la mer jusqu’à son dernier gramme de vie. Et nous les applaudirons sans doute crescendo, à mesure que ces denrées deviendront de plus en plus rares. Il y a là un cercle vicieux collectif qui fait penser à la malédiction de l’île de Pâques, dont les habitants ne purent s’empêcher de couper systématiquement tous les arbres, jusqu’au dernier - signant ainsi très explicitement leur suicide collectif.
À ces nouvelles, notre sentiment de citoyen planétaire s’insurge : « Mais que fait la police planétaire ?! » Que fait la communauté internationale ? L’ONU, la FAO, l’OMS, le Sommet mondial sur le développement durable, la Convention sur le droit de la mer... pour empêcher les marins-pêcheurs de finir d’exterminer les poissons - et nous empêcher nous-mêmes de manger leur butin ? C’est un sujet dont je me souviens avoir longuement parlé jadis avec Jacky Bonnemain, l’un des fondateurs de l’ONG Robins des Bois. Jacky était (il l’est peut-être toujours) à la fois écolo et rédacteur du journal du syndicat des pêcheurs. Cette double casquette lui donnait une vue panoramique de l’état des choses et le jetait dans des situations hyper inconfortables. Comme tu t’en doutes, il défendait avec acharnement la profession, si dure, des pêcheurs. Des hommes courageux, travaillant comme des bêtes pour un revenu souvent malingre. On connaît aussi leur détermination contre toute mesure visant à les contraindre, par exemple dans le cadre de l’Union Européenne. Ils vous fichent sans problème le feu à la ville (le parlement de Rennes y laissa la peau, tu t’en souviens). Et dernièrement, Speedy Sarko s’est sagement plié sous la menace des pêcheurs, après avoir pourtant promis qu’il leur imposerait le cahier des charges communautaire.
Bref, une sale affaire. Comment s’en sortir ? En viendrait-on à rêver d’un despotisme éclairé pour imposer une « dictature verte » ? Non, évidemment, ça ne marcherait pas et la situation ne ferait à coup sûr qu’empirer. Renoncer à terme à manger du poisson ? Même si la mine consternée que feraient les chats me réjouit le cœur d’avance, je refuse cette hypothèse : non seulement je me régale de tout pescadou, mais c’est une irremplaçable source d’éléments nutritifs. Alors ? « Le poisson d’élevage ! » vas-tu me répondre. Oui, bien sûr. Mais là deux choses : d’abord qu’il soit bio ! Tu as appris les terribles nouvelles concernant notamment le saumon d’élevage, nourri avec tant de saloperies qu’il vaut mieux s’en passer. Mais le plus embêtant, c’est qu’en devenant domestique, le poisson, comme tous les autres animaux, perd une grande quantité de ses éléments nutritifs, justement !
J’en étais là quand mon fils aîné est rentré de ses propres vacances, sur la côte lui aussi, mais en Pyrénées Orientales. Il revenait d’un stage de plongée. Essentiellement dans la réserve de Banyuls. Et ce qu’il m’a raconté m’a réchauffé le cœur. L’aquarium de mon enfance ! Toutes les espèces possibles de poissons, de mollusques, de crustacés, d’algues... Un sublime aquarium. Certes minuscule. Et littéralement entouré d’abrutis de pêcheurs amateurs, se vantant évidemment de leurs exploits sportifs : se tenir à la lisière de la réserve, où pêche et chasse sont bien sûr interdites, pour flinguer tous les êtres marins qui en franchissent la limite ! Constat humainement attristant, mais écologiquement positif : si l’on bloque toute prédation sur une certaine zone, la vie y revient en quelques décennies. Quelle conscience collective peut imposer le blocages de zones de plus en plus grandes ? That’s the question, mon cher cousin, que je salue chapeau bas.
Mon cher cousin des villes,
Excuse-moi, avec la rentrée je suis dans une bourre terrible, comme malheureusement beaucoup d’entre nous. Mais j’adhère à tout ce que que tu dis et au-delà : je crois que nous risquons d’avoir de vrais problèmes globaux de pénurie alimentaire dans les années qui viennent. Sinon la solution préconisé de développer les réserves marines me semble d’autant plus évidente qu’il m’arrive de me baigner près de Marseille, à Carry le rouet, où existe une réserve de poissons sauvages bien protégée et c’est une joie de pouvoir se baigner alentour au milieu de ces rutilantes créatures marines : ce qui signifie bien qu’il suffit de préserver la bio-diversité pour qu’elle se repeuple. Mais pour cela il faut aussi une réelle volonté politique : il serait temps que nous l’ayons !
je te souhaite, à toi et à tes proches, une belle rentrée.
© Patrice van Eersel / Marc de Smedt
"
Force est de constater que le marché des produits de la mer durable reste très en retrait des niveaux d'intérêt et de consommation des fruits et légumes bio (ca y est ça décolle) et des produits issus du commerce équitable (café, chocolat, etc)...
Au plaisir de vous lire...
Thomas
lundi 6 octobre 2008
Santé et modes de vie : les entretiens de Millançay
Ce week-end se sont déroulés les 17e Entretiens de Millançay, organisés depuis l'origine par Philippe Desbrosses et son équipe, pionniers de l'agriculture bio. Au menu de cette 17è édition : Santé et modes de vie. Au coeur des débats : le lien entre cancer et notre environnement. J'y étais pour vous. Récit. Attention, attachez vos ceintures, c'est finalement un post un peu déprimant ce soir...
Une épidémie de cancer
Car c'est bien d'une épidémie qu'il s'agit. Le nombre de certains cancers a été multiplié par 2 voire par 3 depuis 20 ans. Et, chose impensable il y a quelques années, nombreux sont les jeunes d'une trentaine d'année atteints...
Aux sources de l'épidémie
Dixit Jean-Marie Pelt : "Le monde a plus changé depuis 60 ans que pendant les 1000 ans qui ont précédé. Les deux changements les plus notables en terme d'environnement sont : la chimie et les ondes électromagnétiques".
Le Dr Belpomme, éminent cancérologue de l'hôpital Pompidou à Paris, et initiateur de l'Appel de Paris (2004), s'est battu pour démontrer l'influence de l' "environnement" dans cette épidémie. Il faut comprendre "environnement" par opposition à "modes de vie". "Modes de vie" se réfère aux facteurs de risques : fumer, boire de l'alcool, la sédentarisation,... que David Servan-Schreiber appelle les "promoteurs". Mais ces facteurs seuls ne peuvent pas provoquer la mutation cellulaire à l'origine des tumeurs. Ces mutations sont provoquées par les substances dites CMR : carcinogènes, mutagènes ou reprotoxiques. Nous sommes là dans le domaine de la toxicologie, et nous parlons des produits chimiques (à l'origine d'environ 1 cancer sur 2) et des ondes (1 sur 10).
80000 molécules chimiques, émoi émoi émoi
La chimie moderne est née au lendemain de la guerre. Depuis, elle a connu une croissance exponentielle, passant de 0 à plus de 80000 molécules chimiques utilisées couramment en un peu plus de 60 ans. Ce sont donc plus de 1000 nouvelles molécules chimiques chaque année. Lorsqu'elles sont réellement testées, les tests évaluent la dose à laquelle la substance devient toxique. Problème : nous sommes tous soumis non pas à une substance unique de façon ponctuelle, mais à des centaines de molécules, et de façon régulière. Or personne ne teste la toxicité de l'exposition répétée et continue à cette "soupe chimique". On sait juste que la majorité d'entre nous y est exposé sans même le savoir : par l'alimentation (notamment les pesticides : veillez à ce que votre député vote la Loi Grenelle 1, notamment la partie qui prévoit une réduction de 50% des pesticides utilisés), mais aussi par les plastiques (par exemple le bisphénol-A), les colles et résines (formaldéhyde), les cosmétiques (voir la polémique récente sur les produits distribués aux nouveaux-nés dans les maternités), les dioxines, les fameux PCB, les particules rejetées par les moteurs diesel, etc... Ainsi, 100% des femmes américaines testées avaient du Teflon dans leur sang. Et on sait que nous avons tous entre 40 et 100 molécules chimiques stockées dans notre corps et nos tissus.
Quant aux ondes, le Dr Belpomme est catégorique : wifi et téléphones portables sont dangereux, archi dangereux. Au programme : fatigue chronique et micro-oedèmes dans le cerveau. Sympa non ?
L'homme (pardon, mais samedi je n'avais pas envie de mettre de H majuscule) est apparemment devenu fou.
Les femmes et les enfants d'abord...
C'est le cri d'alerte poussé par le Dr Belpomme. Ce sont en effet eux les plus sensibles, les plus touchés, les plus urgent à protéger. De très nombreux cancers sont en effet dus à une exposition pendant l'enfance, même s'ils ne se révèlent que 30 ou 40 ans plus tard. En fait cela commence même in utero, à la phase de foetus, lorsque nous sommes les plus fragiles. Et cela jusqu'à l'adolescence. Même le lait de la femme qui allaite son enfant serait contaminé, même si tous les participants recommandent malgré tout l'allaitement...
Les solutions
Premièrement, réduire son exposition aux risques liés à l'environnement (liste non exhaustive) :
- Privilégier l'alimentation bio et la cosmétique bio dès que possible. C'est désormais très facile avec les paniers bio et une offre de plus en plus large dans les grandes surfaces
- Ne pas chauffer les biberons des enfants, et choisir des biberons écologiques sans bisphénol-A par exemple
- Ne pas permettre le téléphone portable aux enfants de moins de 12 ans et les femmes enceintes, et dans tous les cas avec une oreillette, et avec modération
- Limiter son exposition au Wifi : pas dans la chambre, et éteint quand on ne s'en sert pas
Deuxièmement, aider son corps et ses ressources naturelles :
- Choisir les aliments qui aident à lutter contre le cancer, par exemple broccolis, ail, thé vert, curcuma,... (liste complète dans le livre Anticancer de D. Servan-Schreiber ainsi que sur www.guerir.fr)
- Faire de l'exercice régulièrement
- Se renforcer dans sa globalité et sa cohérence : esprit (ses aspirations, sa mission du terre), coeur (ses émotions), corps (ses réalisations, ses actes). Le Dr Servan-Schreiber recommande par exemple 5 minutes de relaxation quotidienne. L'apport des médecines traditionnelles (chinoise, ayurvédique) fait également l'unanimité dans la salle. A propos de la médecine traditionnelle chinoise, le Dr Eraud en rappelle les 4 composantes : acupuncture, plantes, hygiène de vie, massage/exercice (ex/ Tai Chi). Orientées vers la prévention et non vers le soin des maladies comme en occident, prenant en compte la psyché de l'individu et non un aspect purement mécanique du corps, les médecines traditionnelles semblent plus complètes dans une logique d'accompagnement long-terme, cherchant à influer sur le "terrain" propre à chacun. C'est pourquoi selon le Dr Eraud "il n'y a pas de réponse toute faite, chaque cas est spécifique et il faut apporter une réponse individualisée et pertinente à chacun. La médecine est un art, au-delà d'être une science".
Pour aller plus loin
- Le site de David Servan-Schreiber : Guérir
- Le site de l'ARTAC, Association pour la Recherche Thérapeutique Anti-Cancéreuse, du Dr Belpomme, une vraie mine d'informations
- Le Groupe n°3 du Grenelle de l'environnement "Santé et environnement"
- Le MDRGF, Mouvement pour le Droit et le Respect des Générations Futures
- Le site du film évènement de Jean-Paul Jaud, "Nos enfants nous accuseront", en salle le 5 novembre
- Intelligence Verte
- La toxicité des phtalates enfin démontrée, sur Novéthic
- Le bio pour bébé : Brindille
Et aujourd'hui, l'UICN a dévoilé sa liste rouge 2008 des espèces menacées : 21% des mammifères et 30% des amphibiens... Tout va bien
Sur ce, je vous dis à bientôt
T.
Note sur l'Appel de Paris
Le 7 mai 2004 à l’UNESCO se sont réunis, dans une même volonté, des scientifiques internationaux de renom, des médecins, des représentants d'associations environnementales, lors du colloque «CANCER, ENVIRONNEMENT ET SOCIETE» organisé par l’ARTAC. De cette union entre scientifiques et organisations non gouvernementales est né l’Appel de Paris, déclaration historique sur les dangers sanitaires de la pollution chimique.
L'Appel de Paris déclare :
- Article 1 : Le développement de nombreuses maladies actuelles est consécutif à la dégradation de l'environnement
- Article 2 : La pollution chimique constitue une menace grave pour l'enfant et pour la survie de l'Homme.
- Article 3 : Notre santé, celle de nos enfants et celle des générations futures étant en péril, c'est l'espèce humaine qui est elle-même en danger.
L'Appel de Paris a recueilli l'adhésion et l'appui de personnalités éminentes telles que les deux Prix Nobel de Médecine français, les Prs François Jacob et Jean Dausset, de nombreux membres des Académies des Sciences et de Médecine parmi lesquels les Prs Jean Bernard, Yves Coppens, François Gros, Lucien Israel, Luc Montagnier (Prix Nobel de médecine 2008), des personnalités médiatiques, humanistes comme Nicolas Hulot, Albert Jacquard et Boutros Boutros-Ghali.
mercredi 1 octobre 2008
De l'espoir pour les poissons de la Baltique ?
Ci-dessous une interview de Isabella Lövin parue sur Novéthic, par Rouba Naaman
Son livre sur la surpêche dans les eaux européennes a bouleversé l’opinion publique suédoise. Avec une enquête quasi exhaustive, elle a réussi à alerter les pouvoirs publics sur l’état des écosystèmes marins en Europe du Nord. Pour Novethic, la journaliste suédoise Isabella Lövin revient sur la situation dramatique de la mer Baltique.
Quelle est la gravité de la situation environnementale de la mer Baltique ?
La mer Baltique a complètement changé de « régime », passant d’un écosystème dominé par le cabillaud à un écosystème dominé par l’anchois. Il faut remettre le cabillaud en haut de la chaine alimentaire. Un article scientifique paru cet été montre que la diminution dramatique du cabillaud a déséquilibré toute la chaine. Les anchois, habituellement chassés par le cabillaud, se multiplient et dévorent le zooplancton. Les algues vertes voient ainsi disparaitre leur principal prédateur, et envahissent la mer. C’est une situation dramatique, y compris économiquement. La population de cabillaud est passée de 700000 tonnes dans les années 80 à 160000 tonnes aujourd’hui. Il y a deux ans, ce chiffre était deux fois moindre. Les estimations du Conseil suédois de la pêche montre qu’en pêchant moins dans les années 80 – en suivant les recommandations scientifiques par exemple – nous aurions pu aujourd’hui pêcher deux fois plus, tout en maintenant des quantités de poisson supérieures aux limites fixées (240000 tonnes dans la Baltique).
Y’a-t-il une chance de rétablir un écosystème normal dans la Baltique ?
L’exemple du saumon le prouve. En janvier 2008, les pays de la baltique ont interdit la pêche avec des filets dérivants. Les résultats se font déjà sentir : les quantités de saumon dans les rivières suédoises ont augmenté significativement. Le problème actuel pourrait être résolu assez vite si les politiciens jouent les bonnes cartes. Grâce à de bonnes conditions hydrologiques, les cabillauds ont pu se reproduire abondamment en 2003 et 2005. Si on laisse ces deux générations se reproduire tranquillement, il y aura de grandes chances pour que l’écosystème de la mer Baltique se rétablisse en quelques années à peine. Cela ne résoudra pas tous les problèmes environnementaux, mais l’écosystème sera stabilisé. La Baltique sera alors moins vulnérable aux agressions extérieures.
Neuf pays bordent la mer Baltique, chacun ayant des intérêts économiques forts. Comment mettre tout le monde d’accord pour sauvegarder l’environnement ?
Les questions environnementales sont débattues notamment dans le cadre de la Commission de protection de l’environnement de la mer Baltique (Helcom). Tout ce qui concerne la pêche est géré par l’Union européenne. Il est évidemment difficile d’arriver à des accords qui supposent que des pêcheurs devront arrêter leur activité pendant un an ou deux. La Suède a essayé d’implanter une telle décision en 2002, lorsque le parti des Verts a convaincu le gouvernement suédois que le cabillaud de la mer Baltique avait besoin d’un moratoire complet d’un an. Mais étrangement, l’UE ne nous a pas laissé faire. Bruxelles a interdit à Stockholm de protéger ses propres cabillauds, sous le prétexte que la politique de pêche est commune à tous les pays de l’UE. Cette mesure aurait donc été « discriminatoire » à l’encontre des pêcheurs suédois, qui n’auraient pas pu exercer leur activité de la même façon que leurs confrères européens. Pourtant les pêcheurs suédois auraient été indemnisés à 100% par les contribuables.
N’aurait-il pas été possible de prendre une telle décision à l’échelle de tous les pays entourant la Baltique ?
Apparemment non. En partie, parce que les pêcheurs de certains pays n’avaient pas l’assurance d’une compensation économique en cas d’arrêt de la pêche du cabillaud, comme le recommandait l’ICES (Conseil international de l’exploration maritime). Tous les Etats entourant la Baltique, excepté la Russie, appartiennent à l’UE. Le Fond européen des pêches (EFF) a beaucoup d’argent, et il serait peut-être possible d’accorder tous les pays sur un moratoire de la pêche au cabillaud. De même, les quotas de pêche sont bien trop excessifs. Pourquoi ? Parce que la Politique commune de pêche n’a pas défini les facteurs socio-économiques à prendre en compte dans la négociation des quotas. Si les Etats membres regardaient les données, ils verraient tout de suite que le coût économique et écologique de la surpêche est bien plus important que son bénéfice économique, à la fois pour les Etats et pour les pêcheurs, dont le nombre continue de baisser.
Il faut donc réduire les quotas de pêche. Mais est-ce suffisant ?
En effet, il faudrait suivre les recommandations scientifiques au sujet des quotas. Mais il faut également réduire les flottes de pêche partout en Europe. Dans la Baltique, la pêche au cabillaud est deux fois trop importante. C’est également une incitation à la pêche illégale : beaucoup de pêcheurs ne gagnent pas assez d’argent avec leurs petits quotas, donc ils “doivent” les dépasser. Le contrôle des bateaux, y compris les petits, doit par ailleurs être plus strict, en utilisant par exemple des satellites ou des cartes grises électroniques. Il faut renforcer les lois, pour ne plus tolérer le vol de la propriété commune que sont les poissons. Pourquoi ne pas instaurer un droit de pêche pour l’industrie ? Cela parait logique, pourtant pour l’instant c’est l’inverse : les contribuables européens payent pour des subventions dédiées à l’industrie de la pêche. Les manifestations des pêcheurs français cet été, pour dénoncer l’augmentation du prix du carburant, sont un bon exemple. L’UE a accepté de leur donner une compensation économique. Sans cela, les bateaux aurait dû rester au port, et les poissons auraient eu une chance de se reproduire. A présent, on subventionne la chasse au dernier poisson comestible.
Faut-il, d’ici là, préférer les poissons d’élevage ?
Les poissons d’élevage végétariens, comme la carpe et le tilapia, sont à privilégier, s’ils sont élevés dans un environnement sûr, de sorte qu’ils ne puissent s’échapper et répandre d’éventuelles maladies. Mais l’élevage de poissons carnivores, comme le poisson et le cabillaud, ne résoudra pas le problème de la surpêche. En effet, pour nourrir un poisson d’élevage de 1 kilo, il faut pêcher 2 à 3 kilos de poisson sauvage, du hareng ou de l’anchois. C’est, en d’autre termes, plus écologique et moins énergivore de manger directement le hareng ou l’anchois.
Tyst hav (“Mer silencieuse” en suédois) d’Isabella Lövin, aux éditions Ordfront.
Source : Novéthic
En attendant la version anglaise (disponible l’année prochaine), deux livres en français pour aller plus loin:
- "Une mer sans poissons", de Philippe Cury, docteur ès sciences, membre de l'Institut de recherche pour le développement, et directeur du Centre de recherche halieutique méditerranéenne et tropicale, basé à Sète
- "SURPÊCHE. L'Océan en voie d'épuisement", de Charles Clover, journaliste et rédacteur en chef au Daily Telegraph
Film "pour une pêche durable"
www.pourunepechedurable.fr
Vidéo envoyée par WWF_France
Alors que 75% des stocks de poissons exploités sont menacés de surpêche, voici un petit film du WWF pour nous emmener à la "pêche" aux infos et savoir comment agir en tant que consommatrice et consommateur : rendez vous sur le site www.pourunepechedurable.fr
Un commentaire perso cependant : entre une musique façon "dents de la mer" et des images jolies mais assez sombres et angoissantes, le registre joué semble encore celui de la dramatisation et de l'information. J'aurais aimé une version plus positive qui donne envie et non qui fait peur...
Vaste débat que celui des bons leviers à activer pour inciter à modifier nos comportements... Probablement l'objet d'un prochain post, mais je suis curieux de vos réactions à la vue de ce film.
A+
Thomas
mardi 23 septembre 2008
Paniers bio : c'est parti !
Hello
Un post "expérience perso" aujourd'hui : ça y est nous nous sommes mis aux paniers bio ! Nous avons récupéré nos paniers pour la 2e semaine consécutive : 1 panier de légumes et 1 panier de fruits. Panier bio : késako ?
Comment ça marche ?
C'est assez facile... On a choisi "Le Campanier", qui a un point-relais à 2 rues de chez nous. Un coup de fil au point relais avant le jeudi de la semaine et hop, un panier bio nous y attend le mardi suivant. Il ne reste plus qu'à y faire un tour pour le récupérer.
Qu'est-ce qu'on y trouve ?
Cette semaine nous avons découvert des paniers tout jolis tout bio :
- Chou Blanc : Anneville en Saire (Manche)
- Poireau : Frenay-en-Retz (Loire-Atlantique)
- Tomate « Roma » : St Sylvestre sur Lot (Lot-et-Garonne)
- Salade Feuille de Chêne Rouge : Cléder (Finistère)
- Basilic : Palau del Vidre (Pyrénées Orientales)
- Pommes Royal Gala : l’Isle sur la Sorgue (Vaucluse)
- Raisins Italia : Di Licata (Sicile)
- Mandarines Satsumas : Ispica (Sicile)
Et la semaine dernière : Courgettes, Pommes de terre, Butternut, Prunes, Poires, Melon jaune (hummm, délicieux....)
Pourquoi on est devenu fan ?
D'abord il y a la surprise : "qu'est-ce qu'on va trouver de nouveau dans nos paniers aujourd'hui ??"
Ensuite, il y a le plaisir de la découverte : pleins de fruits et de légumes qu'on n'avait pas l'habitude d'acheter, et qu'on découvre ou redécouvre avec plaisir. Les recettes sont faciles à trouver sur Internet ou sur le site du Campanier, et cela devient un jeu d'en découvrir ainsi de nouvelles et de faire la cuisine ensemble !
Enfin ou peut-être surtout, c'est doublement bon pour la santé. Non seulement les produits sont bio, on peut donc les manger sans crainte de pesticides et autres produits chimiques. En plus, on mange beaucoup plus de fruits et de légumes depuis qu'on en a plein à la maison, et ça c'est excellent pour la santé (cf ma nouvelle bible : Anticancer de D. Servan-Schreiber avec lequel, je précise, je n'ai aucune relation).
Alors, combien ça coûte ?
8€ pour les légumes en petit sac (2-3 kg, déjà de taille bien raisonnable) ou 12€ en grand sac (3-4 kg), et 10€ pour environ 3 kg de fruits. Finalement, vu les prix des fruits et légumes en grande distribution ou chez le fruitier, c'est raisonnable. C'est sûr ça fait quand même un petit budget au final, mais on trouve que ça les vaut largement. Notre santé et celle de notre petit bébé qui va bientôt arriver le méritent amplement !
Il y a bien sûr pas mal d'autres sites et réseaux qui font la même chose. Il y a aussi la solution des AMAP, notamment celles où on peut aller ramasser les produits soi-même. D'ailleurs, petit débat dimanche dernier avec une amie qui était justement en train de ramasser des patates bio dans une ferme en région parisienne : mes paniers bio viennent probablement en camion jusqu'au point relais, et le camion c'est pas bio. Mais on va forcément à la ferme en voiture, et à moins qu'elle ne soit électrique, c'est pas bio non plus. Entre les 2, vous avez un avis ?
Pour aller plus loin...
- Mon panier bio
J'attend avec plaisir vos expériences bonnes ou mauvaises à partager ici...
A+
Thomas
lundi 22 septembre 2008
Bio et santé : les Entretiens de Millancay
Bonjour à tous
Je vous parlais dans un post récent de ma lecture passionnée de Anticancer, le bouquin de David Servan-Schreiber. Ma femme et moi nous sommes donc mis au sirop d'agave (formidable), au curcuma (quoiqu'on a pas encore tout à fait pris l'habitude de l'utiliser), et on continue à manger de plus en plus de poisson (c'est bon !). Ma cousine m'a arraché le livre et l'a elle aussi dévoré, et je le passe ce week-end à papa-maman, forcément.
Inutile de préciser donc que je serai fidèle au poste aux 17e Entretiens de Millancay. Sur le thème "Santé et modes de vie : les médecines et l'alimentation du futur", ce sera parait-il la grand-messe du bio et de la santé pendant 3 jours, les 3, 4, 5 octobre : conférences, ateliers, déjeuners bio gastronomiques (s'il-vous-plait), et comme intervenants Dr Dominique Belpomme, Philippe Desbrosses, Dr Dominique Eraud, Jean-Marie Pelt, Patricia Ricard, Dr David Servan-Schreiber, Patrick Viveret, etc... Que du beau monde quoi ! Pour tout savoir sur le programme, les tarifs et l'accès à Millancay, rendez-vous sur Intelligence Verte. Alors, existe-t-il un mode de vie anti-cancer ? Réponse à Millancay !
A voir également :
- ARTAC du Dr Belpomme, cancérologue à l'hôpital Georges Pompidou
- Le post sur Autour du Bio
A noter enfin l'initiative de Monoprix qui met en vente en ligne sa gamme de produits bio : lire l'info sur Cdurable
A bientôt
Thomas
PS : On pourrait par exemple organiser un covoiturage depuis Paris, faites-moi signe si intéressés !
mardi 16 septembre 2008
Aldabra, expo sublime jusqu'au 9 novembre
Bonsoir
Un post rapide ce soir pour partager avec vous mon sentiment d'émerveillement lors de la visite de l'exposition sur l'atoll d'Aldabra au Jardin des Plantes à Paris, que j'annoncais dans mon post du 31 mai dernier.
La rotonde de la ménagerie du Jardin des plantes est un lieu assez compact et intime. Ronde rotonde qui rappelle la rondeur de l'atoll mis à l'honneur. Les photos d'Aldabra, souvent en grand format, sont absolument sublimes, tant par leur composition que par la qualité de leur tirage. L'exposition utilise plusieurs formats pour communiquer la richesse de la biodiversité sur ce petit atoll : photos, textes, videos, ordinateur, etc, ce qui la rend à la fois ludique et instructive. En clair, j'ai adoré et je la conseille à tous les amoureux de la nature.
Quelques liens pour aller plus loin
- Photosapiens : informations sur l'expédition, Li Edelkoort, la réalisatrice de l'exposition, et Danny Ellinger, responsable de l’expédition et directeur de l’agence Foto Natura
- L'article de Neoplanète
- Le dossier de presse
- Le site de la Aldabra Foundation : photos et infos
Et un clin d'oeil ;-)
Thomas
mercredi 10 septembre 2008
Les dates de la rentrée écolo à Paris et ailleurs
Bonjour bonjour,
Voici quelques grandes dates de la rentrée écolo : salons, conférences, etc. Je ne prétends pas à une liste exhaustive, n'hésitez pas à en ajouter d'autres...
A Paris
- L'Université de la Terre : 18-19 octobre 2008 à l'Unesco sur le thème "Réinventer le progrès"
"Créée à l’initiative de François Lemarchand, Président-fondateur de Nature & Découvertes, en partenariat avec le groupe Les Echos, l’Université de la Terre a été inaugurée en novembre 2005," (NB: à laquelle j'avais eu la chance d'assister) "Rendez-vous de la connaissance, elle invite des dirigeants d’entreprise, des scientifiques, des économistes, des politiques, des hommes de religion, des sociologues, tous conscients des défis majeurs qui menacent notre planète, à témoigner et à partager leur expertise, leur vision du monde d’aujourd’hui et de demain."
Ouverte à tous, l'Université de la Terre accueille cette année ne vingtaine de conférences et débats, où participeront 50 personnalités dont Jacques Attali, Christian Blanc, Mick Bremans (Directeur Général d'Ecover), Patrick Haas (PDG de BR France), Yannick Jadot (Greenpeace), Chantal Jouanno (Présidente de l'Ademe), Elisabeth Laville (Utopies), Maria Nowak (ADIE), Serge Orru (Directeur Général du WWF France), Pierre Rabhi ou encore Patrick Viveret (Philosophe, conseiller-maître à la Cour des Comptes).
Salon Marjolaine : 8-16 novembre 2008 au Parc Floral
Bio et développement durable : "Marjolaine, l'événement incontournable de la bio et de l'éco-consommation répond aux besoins de ceux qui ont décidé de faire un autre choix de vie et de société. " C'est le grand frère du salon Vivre Autrement de mars dernier qui était déjà une réussité... et un plaisir.
Le bon plan : entrée à tarif réduit en s'inscrivant sur le site du salon !
A Barcelone
- Congrès mondial de la nature de l'UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) : 5-14 octobre 2008
"Plus de 8,000 personnalités, des décideurs du monde entier dans le domaine du développement durable : des gouvernements, des ONG, des entreprises, des agences des Nations Unies et des universités, seront réunis en un seul lieu, pendant 10 jours, pour débattre, partager, travailler en réseau, apprendre, s’engager, voter et décider. Les objectifs : des idées, des actions et des solutions pour un monde durable et divers." En revanche pas évident d'y assister quand on ne fait pas partie d'une délégation officielle, c'est un peu cher ;-)...
2 salons sympa à Nantes (pourquoi Nantes ? ben pourquoi pas ?)
- Salon Zen et Bio : 10-12 octobre 2008 au Parc Expo La Beaujoire Hall 2
- Salon de l'habitat sain et des énergies renouvelables : 14-16 novembre 2008 au Parc Expo La Beaujoire aussi
A bientôt
Thomas
mardi 26 août 2008
Lectures de vacances : Ishmael, Anticancer, Kalahari
Ce que j'adore en vacances, c'est d'avoir le temps de bouquiner tranquille, d'enfiler les livres, ce qui n'est pas toujours évident à caser dans le rythme normal de nos vies modernes. Je vous propose ici une petite sélection de 3 livres ayant retenu mon attention cet été.
Ishmael
"L'homme disparu, y aura-t-il une chance pour le gorille ?" C'est la question que pose Ishmael, le gorille qui parle que Daniel Quinn a choisi pour nous faire réfléchir sur la place et le rôle de l'Homme sur la Terre. En un peu plus de 200 pages que j'ai dévorées en 2 jours, Ishmael revisite l'histoire de l'agriculture, celle d'Abel et Caïn, de l'Arbre de la connaissance, et surtout compare, ou plutôt oppose, la conception que nous avons du monde dans notre civilisation, et celle des peuples dits "primitifs" (un terme que personnellement je déteste).
Voilà un regard profond et différent sur la triple crise que nous vivons en ce moment (crises écologiques, financières, et de civilisation, selon Patrick Viveret), et qui parvient à expliquer pourquoi les fondements de notre rapport à la nature rendent si compliqués de la respecter.
A voir également : le site du Produit Intérieur Doux
Anticancer
"Nous avons tous des milliers de cellules cancéreuses en nous, mais elles restent inoffensives, sauf quelques unes qui se mettent à croître démesurément et deviennent un cancer. [...] Si on avait voulu inventer un mode de vie favorisant la croissance du cancer, on n'aurait pas fait mieux que le mode de vie occidental."
David Servan-Schreiber est un médecin français exercant aux Etats-Unis : chercheur en neurosciences, chercheur en neurobiologie, créateur et directeur du centre de médecine intégrée à l’université de Pittsburgh où il enseigne en qualité de professeur clinique de psychiatrie. Atteint d'un grave cancer au cerveau il y a plusieurs années, DSS nous raconte sa découverte de techniques complémentaires à la médecine moderne pour prévenir et guérir le cancer, c'est-à-dire pour maintenir ces cellules cancéreuses sous contrôle. Ainsi les quatre points suivants : nous prémunir contre les déséquilibres de l'environnement ; ajuster notre alimentation ; guérir nos blessures psychologiques ; établir une relation différente à note corps.
Ne vous laissez pas rebuter par les aspects "pavé" et "médical" de ce livre. Je ne m'y attendais pas, mais j'ai enfilé les pages de ce livre en quelques jours à peine. Non seulement le sujet est passionnant, c'est de plus fort bien écrit, avec de nombreux exemples concrets, ce qui rend la lecture fluide et agréable, accessible à tous. Et hop me voilà en train de boire du thé vert (pour ses anti-oxydants), à acheter mon sirop d'agave (moins de sucres inflammatoires) et mon curcuma (anti-inflammatoire)au BIOCOOP, et à choisir des produits laitiers Bleu Blanc Coeur (pour leur équilibre oméga-3 / oméga-6). Une révélation.
A voir également :
- son précédent livre : Guérir
- le site Internet : Anticancer
- trouvez le magasin BIOCOOP près de chez vous
Kalahari
Oubliez tout de suite l'idée que vous vous faites du parfait livre de vacances : amour et suspense. Le rythme est lent, comme un hommage à ces petits hommes du mythique désert de Kalahari au Botswana, les Bushmen ou Bochimans, qui y vivent depuis des (dizaines) des milliers d'années, rendus célèbres par le film "Les Dieux sont tombés sur la tête" en 1980 (6 millions d'entrées en France). Lent comme l'avancée de l'expédition de Laurens van der Post à la recherche des Bochimans. Mais le récit est un régal pour qui aime le désert comme moi, et empreint d'admiration pour le mode de vie développé par ces hommes au cours des millénaires pour survivre dans un endroit où nous ne survivrions pas une nuit.
Un bel hymne à la relation intime que certains peuples ont conservé avec la Terre.
Pour plus d'infos :
- Les Bochimans sur Wikipedia
- Le site de Survival international
A bientôt, je me lance dans Philippe Descola "Par delà nature et culture" !

