Note : les gains éventuels liés aux annonces google seront reversés intégralement à des organisations de protection de la nature et de lutte contre le réchauffement climatique

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jeudi 18 février 2010

Magique "Oceans"

Oceans est sorti en salles le 27 janvier dernier. Au-delà de l'émerveillement instantané dans la salle, j'ai eu besoin de ces quelques semaines pour assimiler et prendre la mesure de la beauté absolue des images que nous ont offert Jacques Perrin et Jacques Cluzaud.

C'est pourtant un sujet, la mer et ses habitants, qui a déjà été beaucoup travaillé en documentaire et au cinéma, et pas de grands réalisateurs : Le monde du silence (Cousteau), Atlantis (Besson), La Planète Bleue (BBC), pour n'en citer que quelques uns. Et pourtant Océans parvient à renouveler le genre, à proposer des images absolument inédites, et l'on comprend aisément les 7 années de préparation+tournage nécessaires à la réalisation de cette oeuvre.

Qu'ai-je tellement aimé ?
- Les images inédites comme la migration des araignées de mer en Australie
- Le lien parfois teinté d'intimité que le film parvient à nouer entre le spectateur et l'animal, lui-même parfois si humain : j'ai craqué pour le bébé phoque qui regarde pour la 1ere fois sous l'eau avant de se jeter, et j'ai craqué pour la maman morse tenant son jeune bébé hors de l'eau. Ce film permet de recréer ce lien, et ce n'est pas un hasard que j'aie craqué en priorité pour des mammifères. En effet, les cerveaux des mammifères ont cette similarité que tous sont capables d'émotion (désolé pour ce raccourci, pour un traité plus scientifique, voir David Servan-Schreiber, "Guérir", chapitre 11). Emotion, voilà le maître-mot de ce film.
- L'originalité ludique ce certaines scènes comme le combat entre le crabe et la "quill"
- L'unicité d'images qui font parfois croire à une mise en scène, mais évidemment comment mettre en scène une rascasse ??

Faut-il s'étonner de cette beauté pure, alors que tant de professionnels y ont contribué ? Pour n'en citer qu'un seul, Pascal Kobeh, grand photographe sous-marin, dont vous trouverez référence à un de ses livres dans la rubrique de droite "Bio-tiful... Beaux livres" ?

Alors pour ceux qui n'y sont pas allés, il n'est pas trop tard : la liste des salles ici.

Pour ceux qui l'ont vu, il est possible de prolonger l'aventure
- à l'exposition "Océans" au Jardin d'acclimatation à Paris jusqu'au 10 mars
- à l'aquarium de la porte Dorée, Paris encore, exposition "Dans le sillage des requins"
- Le site du film

Enfin, le film pose la question suivante : comment faire pour contribuer à protéger les océans. Son rôle étant d'éveiller les consciences, impossible de lui reprocher de ne pas apporter de solutions. Je vous soumet donc quelques propositions :
- acheter/manger des produits de la mer issus de la "pêche durable" et identifiés comme tels par un éco-label, de préférence l'éco-label MSC, et sans se contenter d'un label "qualité" ou "pêche française", ce qui est autre chose. La crevette fait partie des produits de la mer ayant le plus d'impacts négatifs sur l'environnement (par exemple la disparition des mangroves), il est particulièrement important de bien la choisir.
- idem sur les produits de l'aquaculture : "aquaculture durable" ou "bio" doivent être préférés
- soutenir les ONG de protection de l'environnement, qui luttent pour la préservation des ressources et des éco-systèmes marins
- contribuer à limiter les pollutions marines, qui sont souvent issues de ce que nous tous rejetons dans les fleuves qui, comme chacun sait, se déversent ensuite dans la mer.

Sur ce, j'attends avec impatience vos commentaires.

Thomas

mercredi 27 janvier 2010

Sortie en salles de "OCEANS"

Aujourd'hui 27 janvier, l'évènement marquant est la sortie en salles du nouvel opus de Jacques Perrin (et Jacques Cluzaud) sur la nature : Océans.

Un nouvel opus
Après les insectes (Microcosmos) et les oiseaux (Le Peuple migrateur), Jacques Perrin nous emmène au coeur des océans, au plus près de leurs habitants, pour nous faire ressentir une émotion comme rarement une caméra en aura capturé. 3 ans de préparation et 4 ans de tournages parfois en conditions extrêmes nous permettent de nous émerveiller désormais devant la beauté infinie de la nature.


A point nommé
2010, vous le savez, c'est l'année internationale de la biodiversité. Ce sera également sans aucun doute une année importante pour l'avancée de la pêche durable en France :
- 1ere pêcherie française éco-certifiée MSC : pour bientôt
- Pour la 1ere fois en France, "Les jours bleus", une action de sensibilisation à la pêche durable et à la promotion du MSC, orchestrée par Carrefour et avec Labeyrie, Connétable et Findus : ici, qui début aujourd'hui et jusqu'au 23 février

Voilà une bien belle façon de commencer l'année que cette "symphonie marine", merci M. Perrin.

Pour aller plus loin, le site du film, sublime : http://oceans-lefilm.com/
Pour aller voir le film, sur Allocine

jeudi 21 mai 2009

Protégeons la forêt !

Nouvelle campagne du WWF pour protéger la forêt : http://www.protegelaforet.com/
On y décrouvre son empreinte écologique sur la forêt quand on achète de la viande, des meubles, etc...

Comme à leur habitude, un visuel choc et très esthétique :

Un autre visuel plus ancien mais que j'adore (vu sur SOS Biodiversité)

Pour aller plus loin : le site du FSC

vendredi 6 mars 2009

Le programme 'Save your logo !'

Je salue le programme Save your logo du Fond Mondial pour l'Environnement, qui vise à agir pour la préservation de la biodiversité.

Le principe est simple. Les entreprises ont utilisé massivement les animaux pour promouvoir leurs marques et leurs produits : crocodile Lacoste, lion Peugeot, jaguar Jaguar, panda WWF, etc. Il leur est maintenant proposé de remercier ces ambassadeurs en investissant 1.5 millions d'euros pour leur préservation.

Voici la VIDEO de présentation du programme et le SITE.

Lacoste au secours des crocodiles
Lacoste vient d'accepter la proposition et s'engage à investir dans la préservation des crocodiles menacés dans le monde. La célèbre marque française devient ainsi la première entreprise partenaire du FEM.

Pour aller plus loin :
- Un bon article du Figaro
- Idem sur Ushuaia


Et pour un avis un peu différent, lire le post de Domi sur Mood For. De mon côté, je trouve cette initiative intéressante et si on peut sauver les crocos, les lions, les dauphins, les baleines etc, c'est mieux que rien. Rabat-joie Domi ?

Au plaisir de vous lire...

jeudi 1 janvier 2009

2010 : l'année international de la biodiversité


Bienvenue en 2010 !

2010 est l'année internationale de la biodiversité. La biodiversité, c'est ce qu'on appelle la diversité du monde vivant : animaux terrestres ou marins, végétaux, et les écosystèmes qui unissent et relient tous les êtres vivants dans un "grand tout".

L'homme reconnaitra-t-il à temps que sa survie dépend de la Nature, qui lui apporte ce qu'il respire et ce qu'il mange ?

- Le site de l'Unesco : ici
- Voir aussi les post précédents : "Vers un GIEC de la biodiversité" ; "La journée mondiale de la biodiversité"

Je vous souhaite à tous une très belle année 2010 de la biodiversité
Thomas

jeudi 4 décembre 2008

La fable du thon rouge

Bonjour

J'ai bien aimé l'article de Jean-Marc Vittori publié dans Les Echos mardi dernier. Il est toujours bon de se projeter quelques années en avant, et la décision désastreuse prise la semaine dernière sur les quotas de pêche au thon rouge met clairement en danger la survie de cette espèce. Certains pensent même que cette décision a entériné l'extinction de l'espèce dans les années qui viennent, à l'instar de la morue de Terre-Neuve dont les stocks ne se sont toujours pas remis de leur chute il y a vingt ans.

"En cette fin d'année 2043, une équipe de l'université vietnamienne Hanoi 22 a fait une découverte majeure : le thon rouge est l'arme absolue contre la maladie d'Alzheimer. Or cette dégénérescence du cerveau, qui touche les seniors, est devenue le premier fléau mondial. Le traitement et l'accompagnement des malades coûtent une fortune sur une planète, qui compte près de 2 milliards d'habitants de plus de 60 ans, un nombre qui a plus que triplé depuis le début du siècle. Selon KinseyWyman, le leader des études médicales, la dépense mondiale Alzheimer représente plus de la moitié du PIB des Etats-Unis ! Voilà pourquoi la découverte des chercheurs de Hanoi est importante. Elle prouve qu'une substance au nom trop compliqué pour figurer ici, présente uniquement dans le thon rouge, permet d'enrayer la terrible maladie.
Le problème, c'est qu'il ne reste plus du tout de thon rouge, sauf dans quelques congélateurs de milliardaires japonais qui ont acheté à prix d'or les derniers stocks d'une qualité pourtant douteuse lors des folles ventes aux enchères de 2033. Au tournant des années 2020, le thunnus thynnus a disparu de son habitat, l'Atlantique et la Méditerranée, tué par l'essor mondial du sushi. La découverte de Hanoi aurait pu sauver des millions d'hommes et de femmes de la déchéance. Elle restera une anecdote scientifique.
Pourquoi donc vous parler de cette découverte toute récente mais inutile dans ce métablog économique ? Parce que l'économie aurait dû éviter la catastrophe. La gestion d'une ressource rare, c'est l'une de ses activités favorites. Or les ressources de thon rouge étaient rares (même si le poisson se reproduit, à l'inverse du pétrole dont l'utilisation mène inéluctablement à la disparition, comme l'a rappelé fin 2039 la fermeture du dernier puits russe). Nous n'avons pas su les gérer économiquement. Il suffit de se rappeler ce qui s'est passé à la fin des années 2000. Les chercheurs de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique avaient prévenu que la surpêche en Méditerranée risquait d'épuiser les stocks de thunnus thynnus. Ils prônaient des prises limitées à 15.000 tonnes par an. Mais la commission des thonidés avait fixé un quota approchant les 30.000 tonnes et la pêche réelle avoisinait les 60.000 tonnes ! En 2008, un accord avait ramené le quota à 22.000 tonnes. Mais, avec des navires pouvant pêcher trois fois plus et une surveillance aussi peu efficace que dans la finance, il n'est pas très compliqué de deviner ce qu'il advint...
Ce qui débouche sur une autre question : pourquoi les autorités avaient-elles accepté un plafond de pêche aussi élevé, puis son enfoncement ? Là aussi, la réponse est économique. C'est George Stigler qui la donne. Pour le prix Nobel d'économie 1982, la réglementation n'est pas dictée par l'intérêt général, ou pas seulement. Des lobbies de producteurs peuvent parvenir à imposer leur loi pour protéger leur business, au détriment des consommateurs ou de l'opinion publique, moins organisés. Cette analyse porte le doux nom de théorie de la capture. Stigler l'avait appliquée dans la production d'électricité aux Etats-Unis, en montrant que les régulateurs étaient sous la coupe des producteurs qui avaient réussi à imposer leurs conditions en matière de prix. Pour lui, la capture passait par la corruption. Mais elle peut aussi passer par la connivence, l'incompétence des régulateurs ou la pression politique. En maniant cette dernière arme, les pêcheurs ont capturé non seulement les thons rouges, mais aussi les pouvoirs publics qui auraient dû les en empêcher au nom de l'intérêt général !
Pourquoi donc vous parler de ces vieilleries aujourd'hui, alors qu'il n'est question partout que de l'effroyable crise financière que nous traversons, la plus grave depuis la Grosse Dépression de 2009 ? Que les choses soient claires : il ne s'agit pas de promouvoir le livre que Jacques Attali publie à l'occasion de ses cent ans, « Fin de la mer et mère de la faim ». Mais plutôt d'attirer l'attention sur les enjeux de la grande conférence internationale des poissons de mer, qui a commencé hier à Gdansk."

Puisque les gouvernements n'ont pas pris les mesures jugées indispensables par les scientifiques, nous pouvons tous agir pour préserver l'espèce : on ne commande plus de thon rouge quand on mange des sushis et on n'achète plus de thon rouge sur les étals des marchés, des poissonniers, en grande distribution, etc. On préfère manger du thon blanc (c'est excellent) ou d'autres thons clairement identifiés comme n'étant pas du thon rouge (même si leur chair est rouge : demandez l'espèce et l'origine à votre poissonnier)

Thomas

mardi 2 décembre 2008

Areuh : Comptines interdites aux moins de 16 ans ?

J'ai dû me lever du mauvais pied ce matin, le gauche ou le droit je ne sais plus... Toujours est-il que je cherchais quelle chanson chanter à mon p'tit bout'chou de 6 semaines pour le calmer, et là, révélation : on chante des chansons horribles à nos enfants. Alors que tout le monde parle d'éducation à l'environnement, ce post serait-il plus sérieux qu'il n'y parait ?

Illustration avec 2 des chansons les plus connues qu'on nous chante quand on est tout petit et qu'on a tous entendues 1000 fois :

Une souris verte
"Une souris verte, qui courait dans l'herbe, je l'attrape par la queue, je la montre à ces messieurs, ces messieurs me disent, trempez-la dans l'huile, trempez-la dans l'eau, ça fera un escargot tout chaud"

On nous apprend donc tout petit qu'une souris verte, il faut l'attraper (forcément) et lui faire des trucs horribles (sur le conseil de ces Messieurs que j'aimerais bien savoir qui c'est pour leur en mettre une...) Alors qu'une souris verte, c'est joli, faut lui dire bonjour et la laisser gambader... A quoi ca sert tout ce ramdam sur la biodiversité si on se jette sur la 1ere souris verte qui passe ? Et puis franchement, c'est quoi cette histoire d'escargot ?...

Alouette, je te plumerai
Alors là je dis non. On lui plume la tête, le bec, les yeux, le cou, les ailes, la queue, le dos. Vous n'avez pas l'impression bizarre que s'il y avait un film ou un jeu vidéo sur Alouette il serait interdit aux moins de 16 ans et passerait à la TV en 2e partie de soirée ? Cherchez l'erreur... Je vous propose plutôt de laisser les alouettes voler tranquille dans les champs, sinon j'appelle la LPO !


Petit geste pas très compliqué à faire : bannir ces films d'horreur chantés et préférer des comptines tout aussi faciles à chanter et beaucoup plus charmantes comme "Petit escargot", "Maman les p'tits bateaux" et "Ainsi font font font" où on ne nous apprend pas à la naissance à dominer et détruire les animaux...
Au fait, toutes les comptines sont ici : link
Thomas

jeudi 23 octobre 2008

Sauver la mer

Bonsoir

Pardonnez le calme de ce blog depuis 2 semaines, tout s'est enchainé, et notamment la naissance de mon fils que nous avons accueilli le 12 octobre !

Pour reprendre un peu d'activité sur un thème qui m'est cher, j'aimerais partager avec vous cet article paru dans le magazine Nouvelles Clés, dans lequel Patrice van Eersel et Marc de Smedt abordent le sujet ô combien crucial de la biodiversité marine...

"
Qu’est-ce qui pourra sauver la mer ?
Paris, le 01/09/08

Mon cher cousin des champs,
De retour de Bosnie-Herzégovine, j’aurais mille choses troublantes et émouvantes à te raconter. Mais ce sera pour la prochaine fois, je voudrais aujourd’hui te parler d’une catastrophe plus générale - et avoir ton avis à ce sujet : le désert marin, ou plutôt sous-marin. Comme tout bon rat (je suppose que ça t’arrive aussi), j’aime plonger sous l’eau - moyen fabuleux pour échapper aux chats, qui aiment le poisson mais, par un extraordinaire coup du sort, détestent se mouiller. Eh bien, que les chats se rassurent : ils ne perdent plus rien à ne pas oser plonger, car sous l’eau, il n’y a plus personne à manger ! Cela faisait quelques années, en fait, que je n’avais plus sorti mon masque et mon tuba. J’ai été estomaqué. Aussi loin que j’aie pu nager, au large de Neum (la seule minuscule ville bosniaque sur la mer) et ensuite autour des îles de Croatie, il n’y avait pas un seul poisson dans l’eau - ou alors si petits qu’il aurait fallu une loupe pour vraiment les distinguer.

Je sais bien que je ne t’apprends rien. La mer se dépeuple, nous la pillons tels des prédateurs préhistoriques, plus personne ne l’ignore. Mais comme toujours, l’information ne nous atteint jamais autant que quand nous la prenons en pleine poire in situ ! (c’est pourquoi sans doute, à l’inverse, l’humanité reste froide et laisse faire tant d’horreurs auxquelles elle assiste en direct, mais par médias interposés). Oui, tu sais ça par cœur, toi qui habites tout près : la Méditerranée se transforme sous nos yeux en mer morte. Elle ne fut certes jamais aussi empoissonnée que l’océan, mais je me souviens, encore raton, dans les années 50, m’être émerveillé de l’aquarium fabuleusement vivant dans lequel mon père m’invitait parfois à plonger, à tel ou tel point de la côte entre Gibraltar et Ventimille ! Tout ça est mort à 90%. Pas encore à 100%, c’est vrai. J’avoue d’ailleurs ma stupéfaction de trouver encore, sur toute la côte dalmate - et même à Sarajevo - des poissonneries fort bien achalandées (et pas que de truites, qui sont là-bas succulentes). Les pêcheurs font des prouesses pour nous approvisionner. Ils pilleront la mer jusqu’à son dernier gramme de vie. Et nous les applaudirons sans doute crescendo, à mesure que ces denrées deviendront de plus en plus rares. Il y a là un cercle vicieux collectif qui fait penser à la malédiction de l’île de Pâques, dont les habitants ne purent s’empêcher de couper systématiquement tous les arbres, jusqu’au dernier - signant ainsi très explicitement leur suicide collectif.

À ces nouvelles, notre sentiment de citoyen planétaire s’insurge : « Mais que fait la police planétaire ?! » Que fait la communauté internationale ? L’ONU, la FAO, l’OMS, le Sommet mondial sur le développement durable, la Convention sur le droit de la mer... pour empêcher les marins-pêcheurs de finir d’exterminer les poissons - et nous empêcher nous-mêmes de manger leur butin ? C’est un sujet dont je me souviens avoir longuement parlé jadis avec Jacky Bonnemain, l’un des fondateurs de l’ONG Robins des Bois. Jacky était (il l’est peut-être toujours) à la fois écolo et rédacteur du journal du syndicat des pêcheurs. Cette double casquette lui donnait une vue panoramique de l’état des choses et le jetait dans des situations hyper inconfortables. Comme tu t’en doutes, il défendait avec acharnement la profession, si dure, des pêcheurs. Des hommes courageux, travaillant comme des bêtes pour un revenu souvent malingre. On connaît aussi leur détermination contre toute mesure visant à les contraindre, par exemple dans le cadre de l’Union Européenne. Ils vous fichent sans problème le feu à la ville (le parlement de Rennes y laissa la peau, tu t’en souviens). Et dernièrement, Speedy Sarko s’est sagement plié sous la menace des pêcheurs, après avoir pourtant promis qu’il leur imposerait le cahier des charges communautaire.

Bref, une sale affaire. Comment s’en sortir ? En viendrait-on à rêver d’un despotisme éclairé pour imposer une « dictature verte » ? Non, évidemment, ça ne marcherait pas et la situation ne ferait à coup sûr qu’empirer. Renoncer à terme à manger du poisson ? Même si la mine consternée que feraient les chats me réjouit le cœur d’avance, je refuse cette hypothèse : non seulement je me régale de tout pescadou, mais c’est une irremplaçable source d’éléments nutritifs. Alors ? « Le poisson d’élevage ! » vas-tu me répondre. Oui, bien sûr. Mais là deux choses : d’abord qu’il soit bio ! Tu as appris les terribles nouvelles concernant notamment le saumon d’élevage, nourri avec tant de saloperies qu’il vaut mieux s’en passer. Mais le plus embêtant, c’est qu’en devenant domestique, le poisson, comme tous les autres animaux, perd une grande quantité de ses éléments nutritifs, justement !

J’en étais là quand mon fils aîné est rentré de ses propres vacances, sur la côte lui aussi, mais en Pyrénées Orientales. Il revenait d’un stage de plongée. Essentiellement dans la réserve de Banyuls. Et ce qu’il m’a raconté m’a réchauffé le cœur. L’aquarium de mon enfance ! Toutes les espèces possibles de poissons, de mollusques, de crustacés, d’algues... Un sublime aquarium. Certes minuscule. Et littéralement entouré d’abrutis de pêcheurs amateurs, se vantant évidemment de leurs exploits sportifs : se tenir à la lisière de la réserve, où pêche et chasse sont bien sûr interdites, pour flinguer tous les êtres marins qui en franchissent la limite ! Constat humainement attristant, mais écologiquement positif : si l’on bloque toute prédation sur une certaine zone, la vie y revient en quelques décennies. Quelle conscience collective peut imposer le blocages de zones de plus en plus grandes ? That’s the question, mon cher cousin, que je salue chapeau bas.

Mon cher cousin des villes,
Excuse-moi, avec la rentrée je suis dans une bourre terrible, comme malheureusement beaucoup d’entre nous. Mais j’adhère à tout ce que que tu dis et au-delà : je crois que nous risquons d’avoir de vrais problèmes globaux de pénurie alimentaire dans les années qui viennent. Sinon la solution préconisé de développer les réserves marines me semble d’autant plus évidente qu’il m’arrive de me baigner près de Marseille, à Carry le rouet, où existe une réserve de poissons sauvages bien protégée et c’est une joie de pouvoir se baigner alentour au milieu de ces rutilantes créatures marines : ce qui signifie bien qu’il suffit de préserver la bio-diversité pour qu’elle se repeuple. Mais pour cela il faut aussi une réelle volonté politique : il serait temps que nous l’ayons !

je te souhaite, à toi et à tes proches, une belle rentrée.
© Patrice van Eersel / Marc de Smedt
"

Force est de constater que le marché des produits de la mer durable reste très en retrait des niveaux d'intérêt et de consommation des fruits et légumes bio (ca y est ça décolle) et des produits issus du commerce équitable (café, chocolat, etc)...

Au plaisir de vous lire...
Thomas

mardi 16 septembre 2008

Aldabra, expo sublime jusqu'au 9 novembre

Bonsoir

Un post rapide ce soir pour partager avec vous mon sentiment d'émerveillement lors de la visite de l'exposition sur l'atoll d'Aldabra au Jardin des Plantes à Paris, que j'annoncais dans mon post du 31 mai dernier.
La rotonde de la ménagerie du Jardin des plantes est un lieu assez compact et intime. Ronde rotonde qui rappelle la rondeur de l'atoll mis à l'honneur. Les photos d'Aldabra, souvent en grand format, sont absolument sublimes, tant par leur composition que par la qualité de leur tirage. L'exposition utilise plusieurs formats pour communiquer la richesse de la biodiversité sur ce petit atoll : photos, textes, videos, ordinateur, etc, ce qui la rend à la fois ludique et instructive. En clair, j'ai adoré et je la conseille à tous les amoureux de la nature.

Quelques liens pour aller plus loin
- Photosapiens : informations sur l'expédition, Li Edelkoort, la réalisatrice de l'exposition, et Danny Ellinger, responsable de l’expédition et directeur de l’agence Foto Natura
- L'article de Neoplanète
- Le dossier de presse
- Le site de la Aldabra Foundation : photos et infos

Et un clin d'oeil ;-)

Thomas

lundi 14 juillet 2008

Le poisson c'est bon : Findus se met à la pêche responsable

Salut chers lecteurs

On est tous très rapides pour sauter sur le dos d'un industriel accusé de greenwashing, alors sachons également reconnaitre les initiatives dignes de louanges.

C'est pourquoi je ne résiste pas à partager avec vous ces trois pubs presse de Findus, célèbre marque de surgelés. Findus a décidé depuis l'année dernière de ne proposer que des poissons issus de pêcheries certifiées durables par le MSC (Marine Stewartship Council). Heureusement il y a...





Les produits certifiés MSC sont reconnaissables grâce à ce logo. C'est le label frère du FSC pour les forêts gérées de façon resmponsable, un peu plus connu en France. Le MSC est un label privé lancé il y a une dizaine d'années à l'initiative d'Unilever et du WWF, et qui a pris son indépendance depuis. Le label certifie pour un pêcherie donnée et une espèce donnée que l'activité de pêche est durable, selon trois principes principaux
- Principe 1: La condition des stocks de poisson
Vérifier qu’il y a suffisamment de poisson pour assurer la viabilité de la pêcherie.
- Principe 2: L'impact de la pêche sur le milieu marin
Examiner l'effet de la pêche sur l'écosystème marin, y compris d'autres espèces de poisson non pêché, des mammifères et oiseaux marins ou les habitats.
- Principe 3: Le système de gestion de la pêcherie
Ce principe évalue les règles et procédures en vigueur dans la pêcherie, ainsi que leur application, afin de maintenir la viabilité de la pêcherie et de minimiser l'impact sur le milieu marin.

Pourquoi un label ?
Parce que selon la FAO, 52% des stocks de poissons sont exploités à leur maximum, ce qui signifie qu'ils sont pêchés au maximum de leur capacité biologique ; 24% sont sur-exploités, épuisés ou en en cours de récupération ;
21% sont modéremment exploités ; seulement 3% des stocks mondiaux de poisson sont sous exploités. Parmi les espèces menacées d'effondrement de leur population et donc d'extinction: les requins, le cabillaud d'Atlantique, le saumon sauvage d'Atlantique et le tristement célèbre thon rouge de Méditerrannée.

Il est dommage de constater qu'à l'heure actuelle, aucune pêcherie française n'est certifiée MSC, et 5 sont candidates, dont la Langouste de Corse et la Langoustine du Golfe de Gascogne. L'initiative de Findus est à ce sujet d'autant plus intéressante que l'entreprise souhaite aider financièrement la première pêcherie française à financer le processus de certification.

Pour finir, quelques petits "conseils" pour nos achats quotidiens de produits de la mer:
- "chez le poissonnier, le poisson est moins emballé", contrairement aux portions pré-emballées dans des barquettes plastiques (rappel: plastique=pétrole=carbone !)
- "durable, c'est plus agréable": priorité aux produits labellisés (MSC ou autre label) et aux espèces non menacées (voir les guides du consommateur WWF/MSC et Greenpeace)
- "à pied c'est meilleur pour la santé", et c'est plus agréable de faire ses courses à pied dans le centre-ville que dans les supermarchés

Quelques liens
- Le site WWF/MSC "Pour une pêche durable" où vous pourrez télécharger le guide du consommateur sus-cité
- Le focus de la FNH sur les océans
- Le blog de Greenpeace sur les océans, où est disponible leur guide éco-conso des espèces menacées, au nom pétillant de "Et ta mer t'y penses"

Sur ce, bon 14 juillet !
Thomas

PS: Une idée pour les vacances : allez nager avec les baleines ! Voilà le site de Whaleswim. J'y étais l'année dernière, je peux vous renseigner si besoin sur l'organisation, les billets d'avion etc

samedi 31 mai 2008

Vers un GIEC de la biodiversité !

La conférence de l'ONU sur la biodiversité s'est achevée à Bonn. Au-delà des quelques mesures proposées, comme la création de zones protégées en haute mer, la grande nouvelle est l'annonce de la création prochaine d'un GIEC de la biodiversité. Il faudra attendre novembre pour son lancement.

Lorsque l'on voit le rôle clé joué par le GIEC dans la prise de conscience internationale sur le changement climatique, récompensé par le Prix Nobel en 2007, on ne peut que se réjouir que la biodiversité emprunte les mêmes voies. Même si la tâche sera peut-être encore plus ardues, comme les indicateurs de mesure de la biodiversité restent encore à inventer (cf post ci-dessous)

Retrouvez le communiqué de presse à l'issue de la conférence de Bonn : ici

Une petite vidéo pour la route



Rendez-vous sur le site du Museum d'Histoire Naturelle pour plus d'infos sur trois expos superbes en ce moment au Jardin des Plantes à Paris : "Biodiversités, nos vies sont liées", "Aldabra, trésor de la biodiversité", "Incroyables cétacés"

A noter enfin le magnifique article sur Aldabra dans le blog de GEO

Au plaisir de vous lire...

jeudi 22 mai 2008

Aujourd'hui, c'est la Journée internationale de la biodiversité

C'est l'occasion de revenir sur ce qu'on appelle la biodiversité, en quoi c'est important, les enjeux actuels et les sujets d'actualité. Selon Einstein, "si les abeilles disparaissent, l'homme n'a plus que 4 années à vivre".

La biodiversité, késako ?
C'est Alain Bougrain-Dubourg lui-même qui le disait à la Cité de la réussite début avril : "La biodiversité, ce n'est pas que les petits oiseaux". Le concept de
« biodiversité », proposé en 1985 par Walter Rozen, a bénéficié d’une grande notoriété à partir de 1992, date de la Conférence de Rio et de la ratification de la Convention sur la Diversité Biologique (CDB). De l’échelle moléculaire à l’échelle de la biosphère, la biodiversité regroupe les populations, les écosystèmes, et les interactions entre tous les acteurs du système.

Des systèmes essentiels mais méconnus
L'homme tire en effet de nombreux services de la nature, les estimations variant grandement entre 40% du PIB mondial et plusieurs multiples de celui-ci. La sémantique a d'ailleurs son importance ici, puisqu'on entend souvent que la "nature fournit des services". Or la nature ne "fournit" rien, c'est l'homme qui en tire/en extrait ce dont il a besoin.

La complexité du vivant fait que les écosystèmes sont par ailleurs fort méconnus. Non seulement l'homme a tendance à préférer les raisonnements de type linéaire ou action/réaction aux raisonnements systémiques plus complexes à appréhender, mais la mesure est difficile et les indicateurs pour l'instant inexistants.

Comment mesurer la biodiversité ?
On a réussi à définir une mesure standard du réchauffement climatique : il s'agit du CO2 équivalent, mesuré comme concentration dans l'atmosphère (ppm) ou comme émission (la tonne), qui permet de normer le pouvoir réchauffant de différents gaz à effet de serre comme le méthane ou le CO2. Par ailleurs, les conséquences sont également mesurables : température, hausse du niveau des mers sont des mesures maîtrisées voire observables par chacun.
En revanche rien de similaire pour la biodiversité. Combien vaut un éléphant ? Quel est l'impact de la disparition probable des ours polaires et des orang-outans ? Peut-on compenser la disparition d'un tigre par 50 souris ? C'est le sujet brûlant d'actualité, sous le feu des projecteurs depuis qu'un cormoran a été évalué à 30€ lors du procès de l'Erika.
Certains proposent l'hectare comme unité de mesure. Si cela semble envisageable au niveau d'un territoire relativement homogène (par exemple la France ou l'Europe), 1 hectare français est-il comparable à 1 hectare brésilien ? (alors qu'une tonne de CO2 a le même impact quel que soit le lieu d'émission)

Et pourtant, la biodiversité est en danger
L'homme est en effet responsable d'un rythme d'extinction des espèces environ 100 fois plus élevé que la moyenne constatée historiquement. Nous risquons une 6e vague d'extinction aux conséquences imprévisibles, dont la cause est d'origine humaine :
- Destruction ou dégradation des écosystèmes (déforestation, pollution des sols et des eaux, fragmentation des habitats…)
- Exploitation non durable de la biodiversité (chasse, braconnage, pêche, cueillette…)
- Invasions d’espèces étrangères (telles que certaines algues ou espèces cultivées envahissantes…)
- Réchauffement climatique qui perturbe les cycles biologiques des espèces. On a ainsi constaté que les espèces de montagne s'élevaient de plus en plus. Or, une fois au sommet, ces espèces seront prisonnières et condamnées...

Les solutions existent, il ne tient qu'à nous....
- De manger bio et de choisir des espèces peu polluantes et sans danger d'extinction
- De consommer des produits à emballage réduit (en évitant le jetable et les doses individuelles ; en faisant ses courses chez les commercants (en plus c'est plus sympa), notamment pour la viande et le poisson)
- De choisir des produits ne contenant pas d'huile de palme et autres ingrédients notoirement néfastes à l'environnement par leur mode de production
- De limiter nos dépenses d'énergie et nos émissions

Pour aller plus loin
- La Caisse des Dépôts a créé le premier Fond de compensation de la biodiversité
- La Convention sur la Diversité Biologique
- L'Institut Français de Biodiversité, avec un rapport remarquable sur les enjeux liés aux indicateurs de la biodiversité
- Le Millenium Ecosystem Assessment

Et pour s'émerveiller encore et toujours grâce à deux des plus grands photographes animaliers actuels
- Big Animals de Amos Nachum
- Frans Lanting

Voilà beaucoup de sujets sur lesquels j'adorerais discuter avec vous ici.
Thomas